« Dans un monde en constante évolution… » : bienvenue dans l'ère du slop
Petit avertissement : les six premières lignes de cet article sont volontairement mauvaises. Lisez-les quand même...
Dans un monde en constante évolution, il est important de noter que le marketing digital joue un rôle crucial pour les entreprises. 🚀 En effet, à l'ère du numérique, les PME doivent impérativement s'adapter aux nouvelles tendances afin de rester compétitives. Que vous soyez une petite entreprise, une moyenne structure ou un grand groupe, il est essentiel de comprendre les enjeux actuels. En conclusion, n'hésitez pas à faire appel à des professionnels pour vous accompagner dans cette démarche ! 💡
Voilà. Vous venez de lire quelque chose qui n'a strictement rien dit.
Regardez la mécanique de plus près, parce que c'est instructif. Une ouverture qui ne signifie rien (« dans un monde en constante évolution »). Une évidence présentée comme une révélation (« le marketing digital joue un rôle crucial »). Une énumération par trois, réflexe absolu de la machine (petite, moyenne, grand groupe). Des adverbes qui gonflent le texte sans rien ajouter (« impérativement », « essentiel », « crucial »). Une conclusion qui vous invite à agir sans jamais vous dire quoi faire. Et deux émojis pour faire moderne.
Six lignes, zéro information. Ce texte a pris quatre secondes à générer. Et il ressemble à ce que des millions d'entreprises publient aujourd'hui.
Ce phénomène a désormais un nom officiel.
Slop : le mot de l'année 2025
En décembre dernier, le dictionnaire Merriam-Webster a désigné « slop » mot de l'année. La définition retenue : du contenu numérique de faible qualité, produit généralement en quantité, au moyen de l'intelligence artificielle.
Le mot est savoureux. À l'origine, au 18e siècle, « slop » désignait de la boue molle. Au 19e, les restes alimentaires donnés aux cochons. Aujourd'hui, ce qui remplit nos fils d'actualité. L'Economist et le Macquarie Dictionary sont arrivés à la même conclusion la même année, ce qui en dit long sur l'humeur générale.
Et ce n'est pas un phénomène marginal. Selon une étude de l'agence Graphite portant sur 65'000 articles en anglais, la production d'articles générés par IA a dépassé celle des articles écrits par des humains en novembre 2024, pour se stabiliser autour de 50 % depuis.
Sur LinkedIn, c'est encore plus frappant : une analyse d'Originality.ai portant sur 5'000 publications de juillet 2026 estime que 81 % des posts longs sont probablement générés par IA. La plateforme elle-même a réagi en déployant une option de signalement baptisée « Seems like AI slop », et annonce réduire la diffusion des contenus génériques et répétitifs. Quand un réseau social ajoute un bouton pour dénoncer le contenu IA, le problème n'est plus théorique.
Le problème n'est pas l'IA. C'est ce qu'on en fait.
Soyons clairs, et cet article n'est pas un plaidoyer contre l'intelligence artificielle. Chez ZIP.ch, nous l'utilisons tous les jours : pour structurer une idée, gagner du temps sur des tâches répétitives, explorer des pistes créatives, corriger un texte. Refuser ces outils en 2026 relèverait de l'entêtement.
Le slop ne vient pas de l'outil. Il vient d'une décision : celle de publier sans réfléchir, sans relire, sans rien apporter. De confondre production et communication. De se dire qu'un article vide vaut mieux que pas d'article du tout.
C'est là que le raisonnement se casse. Parce que le slop ne fonctionne pas.
La bonne nouvelle : ça ne marche pas
Voici le chiffre le plus intéressant de toute cette histoire, et il vient également de Graphite.
Alors que la moitié du web est désormais générée par IA, seuls 14 % des articles bien positionnés sur Google le sont. Autrement dit, 86 % des contenus qui rankent sont écrits par des humains. Et du côté des intelligences artificielles elles-mêmes, le constat est identique : 82 % des articles cités par ChatGPT et Perplexity dans leurs réponses sont d'origine humaine.
Prenez une seconde pour mesurer l'ironie. Les IA génératives, sollicitées pour recommander une entreprise ou expliquer un sujet, vont chercher massivement du contenu humain. Elles ne citent pas le slop. Elles citent l'expertise.
La conclusion est presque trop belle : produire du contenu vide en masse pour être visible est non seulement inutile, mais contre-productif. Vous ajoutez du bruit à un web déjà saturé, et vous n'apparaissez ni sur Google ni dans les réponses IA.
Ce qui vous rend visible, c'est ce que la machine ne peut pas inventer
Une IA peut reformuler ce qui existe déjà. Elle ne connaît pas vos clients. Elle ne sait pas pourquoi ce chantier de l'an dernier a mal démarré, ni comment vous l'avez rattrapé. Elle ignore les trois erreurs que vous voyez commettre en permanence dans votre métier. Elle n'a pas vos chiffres, vos cas concrets, votre point de vue.
C'est exactement ce matériau qui vous distingue. Un retour d'expérience, une donnée que vous seul possédez, un avis tranché sur une pratique de votre secteur : voilà ce que Google valorise, ce que les IA citent, et surtout ce que vos clients retiennent.
Le paradoxe est réjouissant : plus le web se remplit de contenu générique, plus le contenu réellement utile devient rare. Et donc précieux. Pendant que vos concurrents inondent LinkedIn de posts interchangeables, un seul article qui apporte une vraie réponse vous positionne durablement.
Notre position, en une phrase
L'IA écrit vite. Nous, nous nous occupons de ce qu'elle ne sait pas faire : comprendre votre métier, aller chercher votre expertise, et transformer tout cela en contenus que vos clients ont envie de lire et que les moteurs de recherche ont envie de citer.
Concrètement, cela signifie poser des questions avant d'écrire une ligne, vérifier les données, assumer un point de vue, et refuser de publier quelque chose qui n'apprend rien à personne. Ce n'est pas plus lent qu'on le croit. C'est simplement plus honnête.
Vous vous demandez si vos contenus actuels apportent réellement quelque chose à vos clients ? Parlons-en. Nous regarderons ensemble ce que votre communication dit de vous, et ce qu'elle pourrait dire de mieux.
Parce qu'en 2026, la vraie question n'est plus « combien de contenus publiez-vous ? », mais « qu'est-ce que vos clients retiennent de ce que vous publiez ? ».
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